Culture

« Le Rêve de Salomon », un voyage musical et sacré sur des notes de Méditerranée

reve de salomonpar Marc Bonomelli

« Le Rêve de Salomon » est un voyage initiatique et musical, né de la fusion de deux univers culturels : les chants médiévaux chers à Catherine Braslavsky et les influences musicales du globe-trotteur Joseph Rowe. Un spectacle cosmopolite à découvrir au Théâtre de l’Île Saint-Louis Paul Rey à Paris jusqu’au 14 juillet.

photo © Chantal Depagne

Compositrice et professeur de chant, Catherine Braslavsky nourrit une passion pour les musiques médiévales de la Méditerranée. Voilà une vingtaine d’années, la chanteuse fait la connaissance de Joseph Rowe, aventurier américain, élève du chanteur et musicien soufi Hamza El Din. À la faveur de ses nombreux voyages et rencontres déterminantes, il a pu s’initier aux traditions musicales brésiliennes, arabes et africaines. De cette rencontre naît une longue collaboration qui aboutit à sept albums, pour lesquels le duo prend soin de conjuguer les univers musicaux de chacun.

Joué jusqu’au 14 juillet sur la scène du théâtre intimiste de l’Ile Saint-Louis Paul Rey, Le Rêve de Salomon est conçu comme un voyage initiatique. Au gré de chants, de textes déclamés et d’instruments cosmopolites (bendir, tambour amérindien, tanbura, doulcimer, oud, djembe, darabukka), le spectacle invite à la découverte des traditions variées qui ont émaillé les rives de la mer Méditerranée, de l’Antiquité à nos jours.

Rencontrée en marge d’une représentation, Catherine Braslavsky revient sur une démarche artistique qui fait la part belle à la spiritualité.

Quelle est la genèse du  Rêve de Salomon ?

Nous avons voulu faire un spectacle basé sur des musiques traditionnelles et/ou antiques, mais qui parle de sujets propres à notre temps. Nous avions également envie de parler du rapport au féminin et à la nature. Et comme je pratique le chant sacré, il y a évidemment un rapport au spirituel. C’est le leitmotiv de tous nos spectacles. Enfin, le thème de la Méditerranée, autour duquel on tourne toujours, permet de rencontrer les différentes cultures. Trois thèmes, donc : le féminin, la nature, et la rencontre des différentes cultures.

Avec des traditions musicales et spirituelles éloignées les unes des autres, Joseph Rowe et vous créez un tout artistique très cohérent. Comment parvient-on à ce résultat ?

La difficulté est d’essayer de ne pas tout mélanger, de ne pas tout ramener à la même chose, tout en permettant au spectateur d’aller à la rencontre d’univers différents. Il s’est agi de conserver les spécificités propres à chaque tradition. Par exemple, on chante en huit ou dix langues, on essaye de faire ressentir la beauté de chacune d’elles, et en même temps, nous essayons de montrer que ce qui les réunit, c’est le spirituel. Car si cette spiritualité est quelque chose de discuté — et de discutable dans sa forme —, nous pensons que tous les arts viennent du monde spirituel, de l’essence, de la profondeur de l’humain.

Pourtant, les différentes cultures que vous convoquez entretenaient des relations différentes avec la spiritualité.

Oui, c’est vrai. Pour autant, à force d’étudier des cultures diverses, j’ai développé ce sentiment qu’elles exprimaient chacune une facette différente de l’être humain, mais qu’elles sont reliées par une chose commune : les expériences transcendantales. Cela ne signifie pas que ces expériences sont égales, mais il y a des notions, comme l’ouverture et l’écoute, que l’on retrouve dans toutes les cultures spirituelles. Mais dans sa pratique personnelle de la spiritualité, on ne peut pas tout mélanger. À titre d’exemple, je m’inspire de beaucoup de religions, mais je ne me sens pas hindoue, bouddhiste ou musulmane ! Malgré ses risques, la mondialisation nous offre une chance énorme : celle d’accéder à des choses nouvelles restées cachées jusque là.

Au-delà dun concert, le spectacle est construit comme un récit. Quel en est le fil rouge ?

Nous avons choisi de mettre en avant le personnage de Salomon, qui est probablement mythique : en réalité, il n’y a guère que la Bible qui donne des indications sur sa vie. Mais ce mythe du roi sage, ouvert et tolérant, qui aime les femmes, le féminin, est un véritable exemple : il invitait les représentants d’autres cultures dans son temple, et il se trouve qu’il s’agissait souvent de femmes, de prêtresses. D’autres figures historiques incarnent des principes de tolérance, comme Jésus ou Mahomet — ce dernier était marié à une femme plus âgée que lui, qui l’a énormément inspiré. Salomon fait écho à notre époque, il fait la transition entre l’Âge de bronze, marqué par l’apparition des grandes cités, et l’Âge de fer, où furent inventées les armes dures. Donc, dans notre spectacle, Salomon nous parle de cette transition, puis nous le projetons dans l’Histoire, du Moyen-Âge au monde moderne, ce qui nous permet d’aborder la chasse aux sorcières ou Hildegarde de Bingen, une mystique du XIIe siècle. Elle a beaucoup écrit sur la nature et le féminin, dont elle parle en des termes très sensuels malgré son statut de religieuse bénédictine.

Quest-ce qui distingue vos autres spectacles du Rêve de Salomon  ?

Nous avons mis la loupe sur d’autres aspects. Par exemple,  De Jérusalem à Cordoue, qui est le spectacle que l’on a le plus joué — environ cinq cent fois depuis dix ans —, est un voyage autour de la Méditerranée de l’Antiquité à nos jours ; on y parle peu de féminin, mais vraiment de religions. On part des racines de la culture méditerranéenne, la Grèce antique, le judaïsme, pour finir en Andalousie. À partir d’octobre, nous allons jouer un autre spectacle, Femmes et Déesses, dédié au féminin, uniquement interprété par des femmes. Il comprend notamment un chant à Déméter, un chant d’Hildegarde de Bingen bien sûr, et quelques compositions consacrées à la déesse mère.

Infos pratiques

Jusqu’au 14 juillet 2014, au Théâtre de l’Île Saint-Louis Paul Rey, 39 quai d’Anjou, Paris 4e / 01 46 33 48 65.

http://www.lemondedesreligions.fr

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