Culture

Dans les secrets du Bois sacré

© Musée du quai Branly, photo Gautier Deblonde
© Musée du quai Branly, photo Gautier Deblonde

C’est une plongée dans le rite initiatique des forêts guinéennes à travers les masques que nous propose l’exposition « Bois sacré » au musée du quai Branly, à Paris. Ce parcours, à la découverte des populations ethniques et des sens de ces visages de bois, est à emprunter jusqu’au 18 mai 2014.

Il engloutit l’enfant et le recrache quand il est adulte. Ce n’est pas d’un animal, ni d’un monstre, mais d’un masque Dandaï dont il est question.

Pourvu d’une grande mâchoire articulée, évoquant celle d’un crocodile, ce masque est l’un des plus impressionnants des Toma, population ethnique présente en Guinée et au Libéria. Représentant un puissant esprit de la forêt appelé Afwi, ce masque fait hurler et déguerpir les plus jeunes lorsqu’il est porté dans les villages.

Avec « Bois sacré », le musée du quai Branly expose une soixantaine de ces masques dont la charge symbolique est aussi forte que celui de Dandaï. Des pièces rares qu’Aurélien Gaborit, commissaire de l’exposition, qui étudie le sujet depuis une dizaine d’années, a agencées en interrogeant leurs spécificités et leurs formes.

Richesse des formes et des couleurs

C’est le Poro, nom donné en Afrique de l’Ouest au rite initiatique dont bénéficient essentiellement les jeunes garçons, qui unit l’ensemble des objets (masques, statuettes, monnaies de fer, masques miniatures et figurines).

L’apprentissage pour devenir un homme, qui se déroulait retiré dans la forêt, était en vigueur dans de nombreuses ethnies (Sénoufo, Toma ou Loma, Bassa, Mendé etc.). Du fait de son importance dans la société, chacune de ces populations a adapté le rite selon son propre fonctionnement.

Ainsi, masques et statues, en majorité en bois, prennent des marques, des formes et des couleurs diverses.

Une acculturation qui crée la richesse du parcours et l’étonnement du visiteur : les premiers espaces franchis, de drôles de visages noirs et triangulaires surmontant un cou annelé, propres aux Mendé de Sierra Leone, nous font face. Plus loin, ce sont des masques utilisés par les Kouranko, plus abstraits, sans forme humaine, et composés de matériaux peu communs (colliers, graines, griffes de félins, anneaux de métal, sachets de cuivre).

Un rite social et sacré

Le Poro des Toma, d’où le rite tire son origine au cours du XVIe siècle, est au cœur de l’exposition. La singularité de l’ethnie apparaît dans la description fine qui est faite de sa célébration. Savoir, par exemple, que le rite revenait tous les 7 ans et débutait par l’apparition de personnages masqués et costumés au village n’est pas fortuit : l’organisation sociale entourant ces figures en bois nous en devient plus claire.

Mais c’est surtout dans la distinction des masques que l’exposition touche le centre de son analyse en restituant leur sens sacré. Car si ces visages en bois matérialisent la présence des esprits protecteurs, tous n’ont pas les mêmes usages et propos. Alors que le masque Angbaï, l’un des plus connus, est lié au monde animal et renvoie au secret, celui de Bakorogui correspond à l’être humain et manifeste la présence d’ancêtres.

La dernière salle expose des masques miniatures, statues et monnaies de fer qui participent également au Poro et à ses secrets. Ils sont aussi essentiels pour la communauté, tant ce système d’initiation, que nous invite à découvrir le Quai Branly, se trouve au cœur de ces populations ethniques. Chez les Toma, la hiérarchie du Poro constitue une véritable structure politique, commerciale et militaire.

Infos pratiques

« Bois sacré – Initiation dans les forêts guinéennes ». Jusqu’au 18 mai 2014 au Musée du quai Branly 8, quai Branly Paris 16e.

http://www.lemondedesreligions.fr

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