Culture

Après 2012, Hollywood s’en remet à la Bible

Les studios américains ont lancé plusieurs projets de film inspirés par la Bible. Après les films de vampires et de super-héros, Hollywood se tourne vers les Saintes Écritures pour le bien du box-office.

Hollywood ne prenant en ce moment aucun risque, les cinéphiles auront l’occasion de voir dès 2013 une série de films inspirés par des personnages qu’ils connaissent déjà bien, les personnages bibliques.

Les studios Warner ont récemment annoncé la production d’un long-métrage sur Ponce Pilate, portant à six le nombre de films dont le scénario puise dans les Écritures.

Après les adaptations de vampires et de super-héros, Hollywood va donc une fois de plus réécrire les histoires de Jésus-Christ, de Moïse ou d’Abel et Caïn. Mais même les milliers de pages des Saintes Écritures semblent insuffisantes pour éveiller la créativité de Hollywood. Parmi les six films qui sortiront sur un thème religieux figurent un remake et une suite.

Ponce Pilate

Simplement intitulé Pontius Pilatus, le film se concentrera sur la personnalité de celui qui aurait donné l’ordre d’exécuter Jésus. La Warner s’attaque ici à un nouveau remake, puisqu’elle puisera dans la version de 1962 où le citoyen romain était interprété par Jean Marais.

Jésus de Nazareth

Ce retour aux Saintes Écritures ne pouvait se faire sans Jésus. Paul Verhoeven, le réalisateur de RoboCop, s’attaque à la fameuse figure religieuse dans un film prévu pour 2013. Le metteur en scène tentera d’en dresser un portrait laïque.

Si plusieurs films portent le titre Jésus de Nazareth, on retiendra La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese (1988) et la version comique des Monty Python, La Vie de Brian, réalisée par Terry Jones (1979), ainsi que Da Vinci Code. Cette adaptation du livre de Dan Brown avait suscité en 2006 un vif intérêt du public. Le long-métrage avait éveillé la polémique en apportant une nouvelle interprétation des Saintes Écritures. Figurant parmi les films les plus rentables de l’histoire du cinéma, l’œuvre de Ron Howard a généré plus de 200 millions de dollars dans le monde.

Mary Mother of Christ

Un prequel du film controversé La Passion du Christ, de Mel Gibson, est en préparation pour une sortie en 2013. Sans le héros de L’Arme fatale à la réalisation, mais avec l’aval d’un prêtre, Mary Mother of Christ sera réalisé par un metteur en scène australien, Alister Grierson. Le long-métrage racontera la lutte de Marie pour protéger son fils.

Controversé à cause d’une sortie antisémite de Mel Gibson, mais également pour des raisons d’interprétation des messages présents dans la Bible, La Passion du Christ reste le 20e film le plus rentable au box-office américain devant Jurassic Park et Transformers, avec plus de 370 millions de dollars récoltés. L’acteur et réalisateur a par ailleurs tenté de poursuivre sa propre interprétation des Écritures en proposant à Warner Bros de retracer l’histoire de Judas. Le studio américain avait alors refusé son offre.

Noah

Retraçant le périple de Noé et de sa famille sur leur arche, Noah est un rêve de Darren Aronofsky qui prend enfin forme. Le réalisateur de Black Swan déclarait le 12 juillet sur le réseau social Twitter qu’il rêvait de faire ce long-métrage depuis l’âge de 13 ans. La participation de Russell Crowe et d’Anthony Hopkins fait de Noah un des films les plus attendus de 2014.

Gods and Kings

Réalisé par Steven Spielberg, le film racontera l’histoire de Moïse et des dix commandements. Le prophète qui inspira Le Prince d’Égypte au studio Dreamworks (1998), mais également le péplum Les Dix Commandements avec Charlton Heston (1956), reste une référence.

The Redemption of Cain

Le film, qui pourrait être réalisé par Will Smith , d’après le site américain Deadline, est tiré du livre de la Genèse. Le scénario raconte le fratricide le plus connu de l’histoire: le meurtre d’Abel par son frère Caïn. Si le projet se concrétise, The Redemption of Cain serait le premier film de l’acteur en tant que réalisateur.

Crise de créativité à Hollywood?

Les cinéastes ne sont pas en manque d’idées. Mais, crise économique oblige, les prises de risques des studios américains pour des scénarios originaux deviennent de plus en plus rares. Il faut que ça paye, et que ça paye tout de suite.

Alors, Hollywood se contente de suites, de reboots, de remakes, et puise son inspiration dans des thématiques qui ont déjà fait leurs preuves sur d’autres supports. Ainsi, après les vampires, ce sont les super-héros qui monopolisent désormais le box-office.

Et ça marche. Pour preuvre, la trilogie des Batman, dont le dernier volet, The Dark Knight Rises, a récolté plus de 422 millions de recettes dans le monde. Avant cela, le reboot The Amazing Spider-Man avait cartonné, et surtout Avengers, dont la réunion des super-héros Marvel avait rapporté plus de 1 milliard de dollars.

Les studios misent beaucoup également sur les suites de films d’action, avec le retour des héros d’Expendables et un quatrième volet de la série des Jason Bourne.

La sainte solution biblique

Pour les studios hollywoodiens, l’originalité apparaît comme un risque, même si certains réalisateurs parviennent encore à tirer leur épingle du jeu. (Sorti en 2010, Inception de Christopher Nolan reste l’un des rares exemples de succès issu d’un scénario original.) Mais le cinéma inspiré par le religieux permet de réunir deux éléments majeurs d’un film à succès: des histoires qui se veulent universelles et des spectacles grandioses.

La sémiologue et analyste Virginie Spies confirme cette tendance: «Même si nous ne sommes pas tous chrétiens, ça parle de notre histoire et des hommes.» Elle ajoute également que ces histoires «connues de tous» peuvent être «réinventées à l’infini et sont souvent sujettes à de nouvelles interprétations». Et, effectivement, les succès de La Passion du Christ et de Da Vinci Code sont aussi dus aux controverses qu’ils ont suscitées au sein du monde religieux et de l’opinion publique.

Ces films reprennent des personnages si emblématiques de l’histoire de l’humanité qu’ils attirent les acteurs les plus célèbres et, par extension, les spectateurs. Aucun doute: «Les histoires bibliques continueront à être reprises par l’industrie du cinéma, parce que ça fonctionne bien. Cela fait plus de deux mille ans qu’elles existent», conclut -elle.

Ce nouveau thème n’est pas sans rappeler les péplums, des films à grands budgets et spectaculaires apparus dans les années 1950 pour concurrencer l’arrivée de la télévision dans les foyers américains. Sorti en 1959, Ben Hur, de William Willer, est peut-être celui qui a le plus marqué l’histoire du cinéma.

L’influence des séries TV

Cette recherche de sécurité est sans doute également liée à l’arrivée en force de la nouvelle concurrence amenée par les séries télévisées. Presque aussi longues et bien réalisées que les films du grand écran, les séries américaines n’ont rien à envier aux films des grands réalisateurs. Cela fait d’ailleurs dix ans que de grands producteurs comme Jerry Bruckheimer (Top Gun, Bad Boys) ou encore Steven Spielberg ont prouvé leur intérêt pour le petit écran en produisant respectivement, Les Experts et The Pacific.

Les séries attirent le public en masse et ne donnent plus le droit à l’erreur au cinéma. La création d’Alan Ball, True Blood, sur la cohabitation des vampires et des humains dans une petite ville de Louisiane, a rassemblé pres de 12 millions de spectateurs par an sur la chaîne américaine HBO, devenant la meilleure réussite de la chaîne depuis Les Sopranos .

De nombreux acteurs ont par ailleurs réalisé l’intérêt des séries télévisées en apparaissant plus régulièrement sur le petit écran. Parmi eux, Glenn Close et son retour réussi dans la série Damages, ou encore Alec Baldwin, devenue star de 30 Rock, la série aux 12 Golden Globes de la chaîne NBC.

Par ailleurs, le religieux a déjà été introduit dans l’univers des séries. Depuis un an, les amateurs ont pu voir deux versions de la vie du pape Alexandre VI grâce à la production The Borgias par Showtime (2011) et une version franco-allemande simplement intitulée Borgia (2011) dirigée par Tom Fontana (Oz) pour Canal+.

LIRE AUSSI:

» Russell Crowe en héros biblique dans Noah de Darren Aronofsky

SERVICE:

Photo: Willem Dafoe dans La Dernière Tentation du Christ, de Martin Scorsese. (DR)
SOURCE de l’article : http://www.lefigaro.fr/

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