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Territoires sans perturbateurs endocriniens, des villes donnent l’exemple

À l’occasion des premières rencontres européennes des Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens, qui se sont tenues récemment à Paris à l’initiative du réseau RES, on découvre des initiatives étonnantes…. à suivre !

Pesticides mais aussi produits d’entretien ménager, cosmétiques, vêtements, peintures, meubles, sièges auto, revêtements des ustensiles de cuisine… sans parler de l’alimentation : les perturbateurs endocriniens sont partout ! L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) les a définis en 2002 comme “des substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme, qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants“. Qu’il s’agisse de bisphénol A, de perchloroéthylène, ou de phtalates… ils seraient en partie responsables de l’augmentation des maladies chroniques dans le monde, comme certains cancers, l’obésité ou le diabète.

La France, fer de lance de la lutte

“La France qui a été, en 2014, le 1er pays à se doter d’une Stratégie nationale perturbateurs endocriniens, avec pour principal objectif de réduire l’exposition de la population, doit jouer un rôle moteur en s’appuyant sur les initiatives déjà mise en oeuvre au niveau local, notamment dans les établissements de santé et de petite enfance“ ; a insisté André Cicolella, ancien conseiller scientifique à l’INERIS et président du Réseau Environnement Santé, qui organisait le 10 octobre dernier, à Paris, le premier colloque européen des Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens.

Des villes qui ont toutes signé une charte d’engagement en cinq points, s’engageant à rejoindre une dynamique… qui continue pourtant de faire polémique, puisque le 4 octobre dernier, le Parlement européen a rejeté la proposition de réglementation de la Commission européenne sur les perturbateurs endocriniens, jugée beaucoup trop laxiste.

La secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a pris plusieurs engagements lors du colloque, déclarant notamment : “Nous ne pouvons pas tout attendre de l’Union européenne, nous devons initier de nouvelles actions au niveau national“. Elle a notamment annoncé le lancement d’un site internet, d’ici l’été prochain, pour renforcer l’information du grand public sur ce problème, la création d’une Journée nationale sur les perturbateurs endocriniens, et l’accroissement des efforts de recherche, avec 2 millions d’euros attribués dès 2018, en addition des sommes déjà consacrées à ce problème par l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Mais “au-delà des actions réglementaires, c’est la mobilisation des citoyens, des villes et des territoires qui doit prendre le relais dans la lutte contre les perturbateurs endocriniens“, a rappelé Brune Poirson. Justement, quelques villes étaient là pour présenter leurs initiatives concrètes.

Des villes à la pointe du combat

Commençons par la capitale : à Paris, dans le deuxième arrondissement, le bio est de règle dans les cantines depuis 2002. “Nous voulons faire en sorte que les perturbateurs endocriniens ne se retrouvent pas dans nos organismes“, a rapporté Jacques Boutault, maire de l’arrondissement.

Aujourd’hui, 91 % des ingrédients qui composent les repas sont issus de l’agriculture biologique. Mais d’autres vont plus loin.

À Grande-Synthe, on mène l’enquête

“Les habitants de ma commune sont éloignés du développement durable et des perturbateurs endocriniens. Il y a 24 % de chômage et 30 % des foyers sont en dessous du seuil de pauvreté“, explique Damien Carème, le maire de Grande-Synthe, dans le Nord, qui a pourtant décidé de faire de sa ville une commune sans perturbateurs endocriniens.

Il a instauré le 100 % bio dans les cantines sans surcoût pour les familles : les 20 % d’augmentation de coût de fabrication du repas ont été pris sur d’autres budgets de la ville. Mais ce n’est pas tout : “Nous avons aussi des jardins partagés où nous invitons la population à cultiver sans produit phytosanitaire, et nous allons supprimer dans les crèches et les écoles les produits d’entretien nocifs“.

Mais surtout, la ville va lancer une enquête inédite, d’ici quelques semaines, auprès de ses habitants : 400 personnes donneront trois centimètres de leurs cheveux, pour analyse. “Il faut brusquer les mentalités et ensuite montrer ce que nous mettons en oeuvre pour éliminer ces perturbateurs endocriniens” !

À Limoges, on expérimente la crèche “sans perturbateurs”

Depuis 2016, l’expérimentation menée à Limoges, soutenue par l’agence régionale de santé (ARS) et la Mutualité française, pourrait décider d’un plan d’action à généraliser… dans toutes les crèches de France . “Nous avons mis en place une méthodologie d’audit sur les produits et les pratiques. Nous avons identifié 147 points d’amélioration dont 34 immédiats, que nous avons hiérarchisés avec la ville et les services“, explique le maire de la ville.

Les groupes de travail ont abouti à cinq grands axes d’évolution : nettoyer sans polluer, faire des achats exigeants, jouer plus simplement (sans utiliser de produits industriels pour peindre, par exemple), être mieux dans son assiette et mieux respirer.

À Lille, pas de perturbateurs… de la conception jusqu’à deux ans !

“Notre santé est en partie génétiquement programmée du jour de notre fécondation à notre mort, et donc notre environnement l’impacte“, fait remarquer le Pr Laurent Storme, pédiatre néonatologiste à l’hôpital Jeanne-de-Flandre à Lille. Une constatation qui a mené la maternité de cet hôpital à mettre en oeuvre le programme 1000 premiers jours de l’OMS, allant de la conception aux 2 ans de l’enfant.

C’est la première en France à s’y essayer. Pourquoi 1000 jours ? La réponse de Laurent Storme : “Ils sont une fenêtre critique de vulnérabilité, puisque les principaux processus biologiques et physiologiques fondamentaux sont programmés lors de cette période. L’exposition à des polluants chimiques lors de la grossesse est susceptible d’avoir des conséquences défavorables sur la santé de l’enfant et celle des prochaines générations“.

À Guéret, une “éco-maternité”

Une autre maternité a voulu lancer un projet ambitieux, dans la même lignée du programme des 1000 premiers jours : celle du centre hospitalier de Guéret (Creuse).

Elle a mené pour cela une vaste réflexion sur les produits utilisés au sein de la maternité, afin d’éviter désormais ceux contenant des perturbateurs endocriniens. “Ce nouvel exemple nous montre que c’est la période qui fait le poison, et non la dose“, a souligné le président du RES. Un exemple à suivre, pour que tous les bébés naissent et grandissent… sans perturbations !

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