Scandales

SURVIVALISME: la préparation des jeunes enfants

enfantBeaucoup parmi les survivalistes ont de jeunes enfants, et s’inquiètent à juste titre de la manière dont ils pourraient les préparer en vue d’un prochain chaos…

Sachant combien il est difficile pour un adulte, même le plus aguerri, d’imaginer ce que pourrait être la vie dans un pareil contexte, on peut aisément en déduire qu’un tel exercice serait tout simplement impossible pour l’esprit d’un enfant.Dès lors, comment les amener « en douceur » vers cette éventualité ? Comment leur donner une chance dans un monde en péril ? Il ne s’agit ni plus ni moins que de gérer les expectatives.Les enfants, de même que certains adultes, ne sont pas à l’aise avec l’idée de l’inconnu. Ils ont une imagination débordante, et remplissent les « cases blanches » avec leur propre version de ce que pourrait être le futur.

Parce qu’ils n’ont pas l’expérience des adultes, leur imagination peut les entraîner dans toutes sortes de scénarios burlesques et d’idées fausses.Si vous avez déjà eu l’occasion de traiter avec un enfant lors de son premier jour de classe, sa première visite à l’hôpital pour une appendicite, ou un déménagement à travers le pays loin des ses copains et copines, alors vous savez (ou avez appris) que le meilleur moyen d’aider les enfants est de leur faire savoir d’une manière qu’ils puissent comprendre ce qui va se passer. C’est ce que j’entends par « gérer les expectatives ».

La préparation des enfants pour le survivaliste ne consiste en rien d’autre qu’à les tenir prêts. Dans la mesure où les enfants ne peuvent pas se préparer physiquement d’une autre manière qu’ils le font à travers les jeux, c’est donc par ce biais que vous devrez les amener à l’idée du survivalisme. Vous devez vous appliquer à les tenir prêts non seulement pour les divers scénarios d’urgence, mais aussi pour la survie en général.

La préparation n’est pas seulement un exercice que vous allez mener le weekend, pour leur apprendre quoi faire au cas où le feu se déclare dans la maison, ou qu’une pluie torrentielle inonde les environs. C’est toutes ces choses-là, et plus encore. C’est être prêt à traiter avec tous les aléas de la vie, quelle que soit la tournure plus ou moins dramatique que pourraient prendre les évènements.

Un tel but implique de nombreux apprentissages, et tout autant d’inconnues. Vous devez vous assurer que vos enfants ne se laissent pas emporter par une douce folie. Vous tenir prêt pour l’apocalypse pourrait être un objectif envisageable pour votre esprit, mais cela ne devrait pas faire partie de leurs préoccupations, du moins jusqu’à ce qu’ils soient capables de comprendre ce à quoi vous faites allusion.

Dire qu’ils doivent se préparer parce qu’il existe un risque pour que le monde s’écroule dans un avenir proche pourrait s’avérer particulièrement déstabilisant pour leur jeune psychisme. Les enfants ont besoin de repères et de stabilité. Même si un tel risque existe vraiment, ce n’est certainement pas de cette façon que vous devez leur présenter.

Votre travail consiste donc à manager leurs expectatives. En d’autres termes, vous devez leur faire savoir, d’une manière progressive, ce à quoi ils peuvent s’attendre ; les préparer par étapes aux divers savoirs que nécessite la survie, sans pour autant les effrayer au cours de leur apprentissage.

Imaginons que vous vouliez leur enseigner comment démarrer un feu avec ce que l’on peut trouver dans la forêt. La pire chose que vous puissiez faire serait de leur dire que vous allez bien vous amuser ce weekend, puis le vendredi après-midi à la sortie du travail, les enfourner dans votre voiture avec une tente, et les lâcher quelque part dans la verte à la tombée de la nuit près d’un tas de bois ; puis leur dire que vous avez besoin de faire du feu parce que sinon ils vont geler dans la nuit, ou que les bêtes sauvages vont venir les dévorer…Croyez-le ou non, il se trouve des parents idiots qui « éduquent » leur progéniture de cette manière. Ils voient dans de tels agissements l’opportunité de préparer leurs enfants aux situations difficiles, ou de les faire se concentrer sur ce qu’ils veulent leur apprendre.Mais c’est la dernière chose à faire.Le camping dans la verte peut être une expérience fabuleuse. C’est l’un des meilleurs exercices de cohésion que vous pourriez faire avec votre famille. Mais cela peut être aussi très effrayant. Dans tous les cas, il existe une meilleure façon de les préparer à une telle expérience.

Le BOB version enfant

L’une des première des choses dont vous avez besoin est de leur préparer à chacun un sac à dos. De toute évidence, les enfants aiment les cadeaux, mais tout comme les adultes, ils aiment aussi avoir quelque chose où mettre leurs petites affaires.

S’ils sont encore très jeunes, vous pourriez envisager un sac à l’image de celui-ci de gauche. Il est juste à la bonne taille pour des enfants en bas âge, et sera suffisamment solide.

Si vous voulez quelque chose d’un peu plus « discret », le modèle ci-contre à droite est un bon compromis, parmi les meilleurs.

Parlez de votre propres expériences.

L’une des manières dont les enfants développent leurs attentes envers la vie se fait par procuration. Ils apprennent à travers ce que les autres leur disent à propos de comment ils ont fait. Si vous avez vous-même fait du camping durant votre jeunesse, racontez-leur vos propres expériences. Dites-leur combien vous vous étiez amusé lorsque vous aviez leur âge. Donnez-leur des exemples de ce que vous avez vécu, de manière à ce qu’ils puissent avoir une idée de ce qui les attend.
Dites-leur qu’une partie de l’aventure et de l’amusement d’être dans les bois résultait du fait de ne pas toujours savoir quoi faire face à une situation nouvelle, et de le trouver par soi-même. Au fond, la survie est comme un grand jeu de puzzle…

Des devoirs à la maison

Un tel processus devrait être entamé bien avant de partir camper dans les bois, ou de faire ce que vous avez projeté de faire ensemble. Vous devriez en parler avec eux de manière régulière, que ce soit dans la voiture ou au cours du dîner. Vous devriez aussi les impliquer directement en leur donnant des « devoirs », de la même manière que leurs professeurs leur donne du travail à faire à la maison.Les enfants peuvent apprendre les uns des autres, et tout le monde apprend en enseignant. Alors pourquoi ne pas donner à chacun de vos enfants la mission d’apprendre un petit savoir nouveau chaque semaine ? Peut-être un que vous aurez choisi pour eux, et un autre qu’ils auront eux-mêmes choisi dans une liste. Vous pourriez vous mettre dans le jardin ou le salon durant le prochain weekend, et les charger de faire un petit cours sur le sujet.

Ce n’est pas grave s’ils ne maîtrisent pas bien la question. Votre mission à vous est d’en connaître suffisamment pour être à même de combler leurs lacunes éventuelles.

En donnant à vos enfants quelques idées sur lesquelles plancher pour leurs devoirs, vous obtiendrez les résultats suivants :

  • Vous « normalisez » l’enseignement du survivalisme et de la préparation en les associant à l’idée qu’ils ont de l’école. Les enfants sont habituellement très ouverts à une telle idée, soit parce qu’ils sont en âge d’y aller, soit parce qu’ils en entendent parler à longueur de journée, que ce soit à la télé ou auprès d’autres enfants. En transformant le thème de la survie en devoirs de classe, ils seront plus à l’aise avec et en accepteront l’idée beaucoup plus facilement.
  • Vous leur donnez le contrôle sur leur apprentissage en les faisant participer activement au processus. Le sentiment que vous avez la maîtrise du sujet est le plus sûr moyen de leur éviter toute appréhension. Au plus vous leur donnez de moyens de décision (= de pouvoir) sur ce qui se passe, au moins ils seront opposés au procédé ou en auront peur.
  • Vous les aidez à apprendre véritablement les sujets que vous les avez chargés d’enseigner. Non seulement ils travailleront plus dur pour apprendre, sachant qu’ils doivent eux-mêmes les enseigner, mais ils sentiront que le sujet leur appartient, et vous verrez que quel que soit ce dernier, ils auront tendance à y « sauter » dessus et en faire leur cheval de bataille…

Un vrai projet d’ensemble

Une façon très simple de rendre les enfants plus à l’aise est de leur fixer un emploi du temps. Pour reprendre notre scénario de camping par exemple, vous ne leur direz pas d’un bloc que vous allez conduire jusqu’à la forêt vendredi soir, monter le camp, allumer un feu, et dormir là jusqu’au lendemain. Vous devriez plutôt leur présenter la chose de la manière suivante :

Lundi:

– Pierre (9 ans) apprend comment allumer un feu avec un Firesteel.
– Marie (10 ans) apprend à monter une tente.- Papa travaille lui aussi sur la façon d’allumer un feu avec un Firesteel, et la met en pratique de manière à ne pas passer pour une bille devant toute la famille le moment venu.- Papa prépare un plan B pour le feu, parce qu’il réalise que c’est plus difficile à faire qu’à lire.

Mardi:

– Papa prépare la voiture pour le trajet en vérifiant les niveaux, la roue de secours, etc.
– Toute la famille décide quelles choses ils aimeraient bien manger pendant qu’ils sont en camping.- Pierre pratique la façon d’allumer un feu.- Papa et maman s’arrangent avec les voisins pour qu’ils surveillent la maison pendant leur absence.- Papa recherche un endroit pour camper et réfléchit aux mesures d’urgence et moyens de communication.

Mercredi:

– Pierre donne une leçon à papa sur la manière d’allumer un feu avec un Firesteel.
– La famille entière apprend à allumer un feu et pratique à tour de rôle (ce qui peut être l’occasion d’un petit concours sympathique).- Maman et Marie achètent au supermarché les provisions pour le camping.- La famille au grand complet dresse une liste de tous les équipements dont on pourrait avoir besoin pour l’occasion.

Jeudi:

– Papa et maman s’assoient avec les enfants pour montrer quelle route ils vont prendre et où ils vont camper.
– Papa et maman fixent aussi les règles, à savoir ce que les enfants peuvent amener, de combien ils peuvent s’éloigner du camp, etc.- On discute tous ensemble des activités que l’on va bien pouvoir faire une fois sur le terrain (sans trop aller en détail pour ne pas ôter la surprise…)- Papa et maman donnent aux voisins ou à leurs amis un plan de l’endroit pour qu’ils sachent où la famille se trouve et quand elle va revenir.- Tous les équipements prévus sur la liste sont localisés et vérifiés, de manière à ce que rien ne manque le jour du départ.

Vendredi:

– Le plus gros des équipements est chargé dans la voiture, et la liste est cochée au fur et à mesure.
– La famille se réunit pour discuter de tout ce qui a été fait durant la semaine, et de ce que l’on pourrait faire d’autre qui aurait été oublié.- Maman et Marie font les courses de dernière minute pour récupérer ce qui pourrait manquer.

Samedi:

– Les derniers équipements restants sont chargés dans le véhicule.
– Dernière pause pipi avant le départ.- La famille embarque pour la grande aventure.- Avant d’arriver, papa et maman rappelle les règles, et décrètent de ce qu’il faut faire au cas où il arrive quelque chose.- Une fois sur les lieux, Pierre allume un feu, sous le regard de papa.- Gros fou-rire de toute la famille, histoire de bien commencer.- Et l’aventure continue…

Dimanche:

– Marie prépare le petit-déjeuner sous l’œil attentif de maman.
– Plus tard, la famille remballe ses affaires et nettoie la place.- On retourne à la maison.- On décharge la voiture.- Papa et maman vont faire une sieste, comme le reste de la maisonnée…

Comme vous pouvez le constater, une des choses qui a changé est le fait d’être parti le samedi matin au lieu du vendredi soir après que papa soit revenu du travail. Après réflexion, il a réalisé qu’il ne restait pas assez de temps pour charger la voiture, se rendre au lieu de campement, dresser la tente et démarrer le feu, le tout avant qu’il fasse nuit. Non seulement cela aurait été un mauvais plan au niveau logistique, mais cela n’aurait pas non plus été très amusant. Pas d’amusement = Enfants non motivés pour les fois suivantes.

Vous imaginez aussi que d’autres scénarios pourraient se produire dans le cadre d’une telle aventure. Pierre pourrait ne pas arriver à allumer un feu avec le Firesteel, mais ce n’est certainement pas une raison de le décourager pour autant. En sortant son Bic de sa poche à la dernière minute, papa sauve la mise et prodigue ainsi une leçon capitale sur l’importance de planifier une ou plusieurs options de secours.

Bien évidemment, cela va bien au-delà d’une simple partie de camping. Toutes sortes de préparatifs peuvent être adaptés d’une manière similaire, par exemple quels aliments stocker, comment manipuler des armes en toute sécurité, fabriquer un four solaire, un filtre à eau, etc. Faites vos propres recherches en lisant et en réfléchissant sur la manière dont vous pourriez transmettre ces savoirs à vos enfants.Rappelez-vous aussi qu’il est capital qu’ils voient cela comme un jeu, même si au bout du compte, c’est loin d’en être un. Par nature, les enfants aiment les jeux et la compétition.Assurez-vous qu’au cas où vous deviez faire des préparatifs trop élaborés pour leur jeune entendement, ils soient au moins capables de s’y intéresser en posant des questions. Expliquez-leur ce que vous faites d’une manière qu’ils puissent le comprendre. Cela ne les aidera pas beaucoup s’ils vous voient faire des choses sans connaître la ou les raisons pour lesquelles vous les faites.

Vous n’avez pas besoin de détailler tous les tenants et aboutissants, mais seulement ce qu’ils ont besoin de savoir. Par exemple, si l’un de vos enfants vous demande pourquoi vous nettoyez votre arme, la dernière chose à dire serait que vous le faites parce que vous craignez qu’un enturbanné se pointe et le kidnappe. Ce serait le meilleur moyen de lui filer des cauchemars. Dites-lui seulement que lorsque l’on tire avec une arme, il y a des restes de poudre qui s’accumulent dans le mécanisme et le canon, et que si l’arme est trop sale, on ne peut plus tirer avec. C’est à vous de décider jusqu’où aller au cas où il poursuive avec d’autres questions.Le but est de planifier ce que vous allez faire et de partager vos plans avec vos enfants, de même que les expériences que vous ou d’autres ont vécues en faisant la même chose. C’est en cela que réside la « gestion des expectatives ». Faites-leur savoir ce à quoi vous pensez, et dites-leur bien qu’il va s’agir pour eux d’une aventure ou d’un amusement. Ensuite, c’est à vous de voir de quelle manière exacte vous pourriez faire pour que ce le soit vraiment…

http://femininsurvie.blogspot.co.il/

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