L'avis des Maîtres

Le Souffle de l’Invisible ou le Don du Calumet Sacré

«Je vais vous dire quelque chose au sujet des histoires.
Elles ne sont pas qu’un amusement, ne vous y trompez pas.
Elles sont tout ce que nous savons, voyez-vous,
Tout ce que nous savons pour combattre la maladie et la mort.
Vous n’avez rien si vous n’avez pas les histoires»
Leslie M.Silko

calumet de la paix

Un matin de bonne heure, il y a bien des hivers de cela, deux Lakotas étaient partis chasser avec des arcs et des flèches et, alors qu’ils scrutaient la région du haut d’une colline, à l’affût de gibier, ils virent au loin quelque chose qui s’avançait vers eux d’une façon particulièrement étrange et merveilleuse.

Quand cette chose mystérieuse se fut approchée, ils s’aperçurent que c’était une femme très belle, vêtue de blanches peaux de daim et portant un paquet sur son dos.

Elle était si belle que l’un des deux hommes eut des pensées impures. Il fit part de son désir à son ami, mais celui-ci, qui était bon, lui dit de ne pas avoir de telles pensées, car il s’agissait sûrement d’une femme wakan, sacrée.

La mystérieuse créature fut bientôt à proximité et après avoir posé son sac par terre, elle demanda à celui qui avait des intentions impures de venir près d’elle.

Comme le jeune homme s’approchait de la femme mystérieuse, un vaste nuage les enveloppa tous les deux, et quand peu après il se fut dissipé, la femme sacrée était toujours debout et à ses pieds gisait l’homme mauvais réduit à l’état de squelette, rongé par les serpents….

«Considère ce que tu vois !» dit alors l’étrange femme à l’homme bon. «Je viens au devant de ton peuple et désire parler à ton chef, Corne Creuse Debout. Retourne auprès de lui et dis-lui de préparer une tente spacieuse dans laquelle il rassemblera tout son peuple et préparera ma venue. Je veux vous dire quelque chose de très important !».

Le jeune homme se rendit aussitôt au tipi de son chef et lui narra tout ce qui était arrivé, que cette femme sacrée venait lui rendre visite et qu’on devait préparer sa réception. Le chef Corne Creuse Debout fit alors démonter plusieurs tipis pour en faire une grande loge, comme la femme l’avait ordonné. Il envoya ensuite un crieur avertir les gens qu’ils devaient mettre leurs plus beaux vêtements et se réunir sans tarder dans la tente. Tous étaient naturellement fort intrigués en attendant dans la vaste loge la venue de la femme sacrée : chacun se demandait d’où elle venait et ce qu’elle pouvait bien vouloir leur confier.

calumet

Bientôt les jeunes gens qui guettaient l’arrivée de l’inconnue annoncèrent qu’ils l’apercevaient au loin ’approchant d’eux avec grâce, et soudain la femme mystérieuse entra dans la loge, en fit le tour dans le sens de la marche du soleil, puis s’arrêta devant Corne Creuse Debout. Elle enleva le sac de son dos et, le tenant avec les deux mains devant le chef, elle lui dit : «Regarde ceci et aime-le toujours ! C’est une chose très sacrée (lilla wakan), et vous devez toujours la considérer comme telle. Jamais un homme impur ne devra être autorisé à la voir, car dans ce paquet se trouve une pipe sacrée. Avec elle, dans les hivers à venir, vous enverrez vos voix à Wakan Tanka, votre Grand-père et Père.»

Après quoi, la femme mystérieuse sortit du sac un calumet, ainsi qu’une petite pierre ronde qu’elle déposa sur le sol.

Dirigeant la pipe par le tuyau vers les cieux, elle dit :

«Avec cette pipe sacrée vous marcherez sur la Terre ; car la Terre est votre Grand-Mère et Mère, et Elle est sacrée. Chaque pas qui est fait sur Elle devrait être comme une prière. Le fourneau de cette pipe est de pierre rouge ; il est la Terre. Ce jeune bison qui est gravé dans la pierre, et qui regarde vers le centre, représente les quadrupèdes qui vivent sur votre Mère. Le tuyau de la pipe est en bois, et ceci représente tout ce qui croît sur la Terre. Et ces douze plumes, qui pendent là où le tuyau pénètre dans le fourneau, sont de Wambali Galeshka, l’Aigle Tacheté, et elles représentent l’aigle et tous les êtres ailés de l’air. Tous ces peuples et toutes les choses de l’univers s’unissent à vous qui fumez la pipe, tous envoient leurs voix à Wakan Tanka, le Grand Esprit. Quand vous prierez avec cette pipe, vous prierez pour toutes les choses et avec elles.»

La femme céleste toucha alors du bout de la pipe la pierre ronde posée sur le sol et dit :

«Avec cette pipe vous serez reliés à tous vos parents : votre Grand-père et Père, votre Grand-Mère et Mère. Ce caillou rond qui est fait de la même pierre rouge que le fourneau de la pipe, votre Père Wakan Tanka vous en fait don également. C’est la Terre, votre Grand-Mère et Mère, et c’est le lieu où vous vivrez et vous multiplierez. Cette Terre qu’Il vous a donnée est rouge, et les hommes qui vivent sur Elles sont rouges ; et le Grand Esprit vous a aussi donné un jour rouge et un chemin rouge. Ils sont vénérables ; ne l’oubliez pas. Chaque aurore qui vient est un événement sacré, et chaque jour est sacré, car la lumière vient de votre Père Wakan Tanka ; et vous devrez aussi vous souvenir toujours que les hommes et tous les autres êtres qui se tiennent sur cette Terre sont sacrés et doivent être traités comme tels. Désormais la pipe sacrée sera sur cette Terre rouge, et les hommes prendront la pipe et enverront leurs voix à Wakan Tanka. Ces sept cercles que vous voyez sur la pierre signifient beaucoup de choses, car ils représentent les sept rites selon lesquels la pipe sera utilisée. Le premier grand cercle représente le premier rite que je vais vous transmettre, et les six autres cercles représentent les rites qui vous seront révélés directement en temps voulu.

Corne Creuse Debout, sois bon à l’égard de ton peuple et honore ces dons, car ils sont sacrés ! Avec cette pipe, les hommes se multiplieront, et tout bien viendra à eux. D’en haut Wakan Tanka vous a donné cette pipe sacrée afin que par elle vous puissiez avoir la connaissance. Soyez toujours reconnaissants pour ce grand don !

À présent, avant que je ne parte, je désire te donner des instructions sur le premier rite suivant lequel ton peuple devra utiliser cette pipe. Que pour toi soit sacré le jour où l’un des tiens meurt. Tu devras alors garder son âme comme je vais te l’expliquer, et ainsi tu gagneras beaucoup en puissance, car chaque âme fortifiera le dévouement et l’amour à l’égard de ton prochain. Aussi longtemps qu’un des vôtres reste, avec son âme, auprès de ton peuple, par elle vous serez à même d’envoyer votre voix à Wakan Tanka.

Que soit également sacré le jour où une âme est délivrée et retourne à sa demeure, qui est Wakan Tanka, car ce jour-là quatre femmes seront sanctifiées, et avec le temps elles porteront des enfants qui marcheront sur le sentier de la vie selon le mystère, donnant un exemple à ton peuple. Regarde-Moi, car c’est Moi qu’ils prendront en bouche, et c’est grâce à ceci qu’ils deviendront saints. Celui qui garde l’âme d’une personne doit être un homme vertueux et pur, et il doit se servir de la pipe afin que tous, avec cette âme, envoient ensemble leurs voix à Wakan Tanka. Les fruits de votre Mère la Terre, et les fruits de tout ce qu’elle porte seront ainsi bénis, et ton peuple parcourra alors le chemin de la vie selon le mystère. N’oubliez pas que Wakan Tanka vous a donné sept jours pour Lui envoyer vos voix. Aussi longtemps que vous vous souviendrez de ceci, vous vivrez ; le reste vous sera révélé directement par Wakan Tanka.»

La femme sacrée s’apprêta alors à quitter la tente mais, se tournant de nouveau vers Corne Creuse Debout, elle dit :

«Regarde cette pipe ! Rappelle-toi toujours combien elle est vénérable et traite-la en conséquence, car elle te mènera au but. Souviens-toi ! En Moi sont quatre âges. Je m’en vais à présent, mais je veillerai sur ton peuple au cours de chacun de ces âges, et à la fin je reviendrai.»

Après avoir de nouveau fait le tour de la loge suivant la marche du soleil, la femme mystérieuse sortit mais, ayant parcouru une brève distance, elle tourna son regard vers le peuple et s’assit. Quand elle se leva, les hommes virent avec surprise qu’elle s’était changée en un jeune bison rouge et brun.

Puis le jeune bison s’éloigna encore un peu, se coucha et se roula par terre en regardant vers le peuple ; et quand il se redressa, c’était un bison blanc, le bison blanc reprit sa route, se roula sur le sol et devint un bison noir, lequel s’éloigna encore, s’arrêta, s’inclina devant chacun des quatre Quartiers de l’Univers, et disparut par-delà la colline…

par Kaliris Ankhti de la Revue Wicane

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