Nutri- Thérapie

Le corps humain ne demande pas grand-chose, il se répare lui-même

Interview de Thierry Casasnovas

Propos recueillis par Jacky Durand pour le magazine Soleil Levant

Depuis 2011, Thierry Casasnovas partage le fruit de ses recherches, expériences et témoignages : alimentation et mode de vie physiologiques.
Il comptabilise plus de 8 millions de vues sur ses vidéos Youtube.

Comment cet homme, que rien ne prédestinait à cette montée en flèche, en est-il arrivé là ? …

A l’âge de 33 ans, alors que les médecins lui donnent quelques mois à vivre, atteint d’une tuberculose très avancée, une hépatite C et une pancréatite aiguë, il ne pèse que 30 kilos. Il change alors radicalement de vie et retrouve, grâce à l’alimentation crue, un poids de forme et la santé. Depuis, il témoigne régulièrement. Son caractère spontané, son accent catalan et sa façon de vulgariser les sujets, font de lui un “Youtubeur” incontournable. Revenons avec lui sur les bienfaits des jus, sa façon de voir la santé et sa relation au divin.

Bonjour Thierry Casasnovas, tout d’abord qu’est-ce qui t’a mis « au jus » ?

L’intérêt du cru pour la santé…

Comment j’en suis arrivé au jus ? C’est très simple : j’ai essayé. Au début quand certaines de mes connaissances me conseillaient les
jus, je ne voulais pas en entendre parler car mon approche était « tout ce qui peut réparer le corps humain ne doit pas être transformé » or, les jus sont des légumes transformés.

A force d’entendre des témoignages, j’ai expérimenté et j’ai constaté que cela avait un intérêt certain.
Je me suis mis aux jus en 2012. Les vidéos que j’ai faites ont touché et j’ai vu l’intérêt de ces jus de légumes.
J’ai été celui qui a commencé à beaucoup en parler en France et on m’a collé cette étiquette « Mr Jus ».
Je me suis rendu compte que le corps humain ne demande pas grand-chose, il se répare lui-même, c’est la caractéristique du vivant, il faut juste lui donner les bonnes conditions.

Quel est l’intérêt de boire des jus de légumes ?

L’intérêt est multiple. Quand on met le corps dans un environnement non adéquat, il s’adapte et c’est dans cette adaptation que le corps doit fournir un effort et que tous les symptômes apparaissent. Donc la question est : qu’est ce qui dans cet environnement n’est pas adapté ? L’alimentation est un point important : pesticides, fongicides ainsi que l’alimentation transformée que l’on ne connaissait pas avant.
Les jus permettent, pour les personnes qui ne sont pas encore prêtes à bouleverser leur alimentation, de trouver une belle porte d’entrée.
En ajoutant des jus de légumes à leur alimentation, ils vont avoir un cocktail de vitalité, de minéraux, de micronutriments, qui font cruellement défaut dans notre alimentation transformée. Ils ne vont rien changer à leurs habitudes si ce n’est rajouter un
jus avant chaque repas. C’est bon, c’est facile à faire et à boire.

Donc les gens commencent comme ça, et d’eux-mêmes ils vont sentir qu’au niveau articulaire, moral, éclat de la peau, il se passe quelque chose.
Ils vont aller un peu mieux. Il y a donc un début de réflexion : si avec un jus de légumes je vais déjà un peu mieux, c’est donc qu’il y a présent dans les jus quelque chose qui manquait à mon corps. Je retrouve ces mêmes personnes 6 mois après qui me disent avoir changé radicalement leur alimentation à partir de ce petit déclencheur.

Ils l’ont fait joyeusement. L’autre intérêt est que certaines personnes ont le système digestif endommagé, qui assimile très peu et qui ne tolère pas les crudités. Si tu leur dis « mange des légumes crus », ils vont dire non, car ils ne les tolèrent pas.
Avec les jus de légumes, il n’y a pas les fibres donc le corps assimile plus facilement. Le système digestif se rétablit doucement.
Pour un organisme affaibli, c’est un formidable moyen de lui ramener doucement de la nutrition.

Et les jus de fruits ?

Dans les fruits il y a beaucoup de sucre. Même le sucre des fruits, quand il est pris sous forme de jus sans les fibres va être absorbé très rapidement. Et cela peut engendrer des problèmes de l’équilibre glycémique. D’autre part, les fibres des fruits sont dîtes solubles, elles ne sont pas irritantes pour le système digestif comme celles des légumes.
Tout ça pour dire que les fruits on les mange !
Pour les jus je recommande 1/3 de fruits pour le goût, et 2/3 de légumes pour le côté nutritionnel.
N’abusez pas trop des jus de fruits.

L’intérêt des jus est aussi de détoxiner ?

Il y a deux versants : nettoyer et nourrir. La détoxination c’est la capacité du corps à éliminer ses déchets. Tout corps détoxine en permanence, pendant que l’on parle, le foie filtre le sang et fait le tri, les reins filtrent les urines… il y a des selles qui se forment….
Si le corps est occupé à digérer, toute l’énergie accaparée à digérer n’est pas là pour nettoyer. En allant vers une alimentation
plus riche en fruits et légumes, le corps met moins de temps à digérer donc il a plus de temps pour nettoyer.
On dit que le premier facteur de dépense d’énergie dans le corps c’est la digestion, le deuxième c’est la cogitation.
Quand on est mentalement agité cela consomme beaucoup d’énergie. Si après cela, il reste encore de l’énergie au corps, c’est pour le nettoyage.
Si ton but c’est de nettoyer un maximum, tu fais un jeûne : repos digestif, repos mental et repos physique.

Quels sont les facteurs d’une bonne santé ?

Il n’y a rien d’aléatoire. Une bonne alimentation, ce que tu vas manger ainsi que tout ce qui va rentrer dans ton corps, l’eau, l’air, les produits, les polluants chimiques dans les maisons, et c’est aussi la relation avec les autres.
Si dans ton quotidien tu te sens mal et rabaissé, cela va affecter fortement ta santé. En fait, globalement on est un organisme vivant, donc tout ce que l’on reçoit dans notre corps va déterminer notre mode de fonctionnement.

Si on ne met pas les bons aliments dans l’humain, il ne fonctionne pas de manière adéquate, ou alors il s’adapte comme il peut, il fonctionne « couci-couça », il se lève tous les matins, mais il prend des antidépresseurs, il a le moral dans les chaussettes, il a un peu mal au dos, il est constipé, il a mal au genou… il survit…
Pourquoi ? Parce que la nourriture globale n’est pas adaptée. Alimentation, relation avec les autres, et qualité de l’environnement.
Pour moi ce sont les clés de la santé, les besoins vitaux.

La naturopathie développe ces principes, on peut maintenir son corps, par des exercices ; la respiration aussi est importante.
Il y a aussi des pollutions avec les mauvaises nouvelles des médias, le sensationnel. Cela fait aussi partie de la détox, tous ces facteurs environnementaux. Il faut être précautionneux vis-à-vis des médias.

Depuis tout petit on nous étalonne : on nous dit comment nous nourrir, on nous dit de faire confiance à l’extérieur, aux enseignants, à nos parents… On nous apprend que tout vient de l’extérieur, on nous apprend à avoir une crainte de tout ce qui vient de l’intérieur, à douter de notre propre valeur.
En France quand on parle de spiritualité c’est difficile, en France si tu n’avances pas avec des études scientifiques, on te traite de charlatan, de secte.
C’est d’ailleurs ce que l’on a dit de moi. Au lieu de chercher toujours un remède extérieur, je me suis rendu compte que le corps est une machine parfaite. Si vous voulez devenir spirituel regardez comment le corps est constitué, tout est tellement parfait, si cela est le fruit du hasard c’est du déni. Quand on regarde ça on commence à avoir une confiance absolue dans son corps, il y a de la vie à l’intérieur. Cela fait partie du retour à la santé : arriver à sentir ce qui se passe là, dedans.

La spiritualité est un des facteurs d’équilibre, cultiver son jardin intérieur. Peux-tu parler de ton inspiration spirituelle ?

J’ai toujours cherché. Je viens d’une famille très rationnelle, j’ai une formation de physicien universitaire très carré. Et puis, dès l’âge de 20 ans j’ai senti un appel pour autre chose, j’ai pas mal circulé, j’ai même essayé de rentrer dans des abbayes mais ça ne me convenait pas, je trouvais des règles qui ne me convenaient pas. J’ai fait beaucoup d’expériences dont le chamanisme.

Il y a quelques années j’ai rencontré des personnes qui m’ont parlé de foi sans parler de religion. Elles m’ont dit « foi et religion sont deux choses différentes ». Ce n’est pas parce que des religions se sont emparées de textes sacrés qu’elles ont le droit de les revendiquer pour elles-mêmes et de dire « tout passe par nous. » Aujourd’hui, je dis que je suis un disciple de Jésus, je crois en Jésus, je suis chrétien en tant que tel mais sans aucune école particulière, sans aucune religion particulière, et surtout je revendique le droit à ce que l’expérience spirituelle soit une expérience rationnelle en tant que telle. Moi je sais que ma spiritualité je la vis au quotidien, j’ai un vécu quotidien et cette expérience est aussi valable pour moi qu’une expérience de physique ou de chimie. Quand on dit que l’on a une vie spirituelle, cela n’a pas de valeur. Si tu dis « Je crois en Jésus », on te prend pour le nigaud de la crèche.

Imaginons que je rencontre un ami dans la rue, je lui dis « Ce matin j’ai rencontré Jacky de Soleil-levant», il me dit « Ce n’est pas vrai, ce n’est pas rationnel, Jacky n’existe pas… ». Je vais luis dire « Je suis désolé mais moi je l’ai rencontré, il n’y a pas de doute en moi. » Ma vie de chrétien est basée là-dessus, c’est une expérience quotidienne, ce n’est pas quelque chose de religieux : non c’est le fruit d’une relation vivante qui se passe là, à l’intérieur.

Je pense d’ailleurs que dans nos traditions, chaque personne a son chemin.
Nous avons besoin de nous réconcilier avec notre tradition spirituelle native, sans exclure les autres, en allant chercher le
savoir non pas au travers d’une religion mais à travers d’une expérience directe.
Comme l’expérience de la régénération au travers de jus. Ce que je vis je le sais et je n’ai pas besoin de le prouver.

As-tu la foi ?

Oui je ne sais pas comment je tiendrais sans la foi. Si tu n’as pas la foi, et l’espérance que la vie va au-delà de ce corps… Oui la foi est essentielle. Quand tu te mets à boire des jus, tu le fais avec foi.

Que proposes-tu dans tes formations ?

Thierry Casasnovas en formation

Le contenu théorique que je donne dans les formations est déjà entièrement présent dans toutes mes vidéos. Par contre je remets ce contenu
en cohérence. En fait, les gens viennent vivre une expérience humaine, l’interaction. Ils disent « dans le quotidien on crève de ne pas pouvoir discuter, se livrer, parler dans un environnement « sécuritaire. » Si ils commencent à se dévoiler ils se prennent un coup sur le
nez, on utilise ça à leurs dépens. La première expérience est la vie en groupe pendant six jours. La vie en groupe fait partie des
besoins vitaux des individus, nous sommes faits pour vivre en interrelation. Dans mes groupes j’apprends aux gens que l’on a tel ou tel besoin vital.
Je leur dis : regardez dans votre vie si vos besoins vitaux sont remplis. S’ils ne sont pas remplis, ne vous étonnez pas de ne pas aller bien et faites en sorte de les remplir.

J’aime ce terme de « repentance », changer de direction, changer sa façon de penser, se retourner physiquement.
J’aime dire aux gens « vous comprenez que le mode de vie que vous avez actuellement vous conduit droit dans le mur. Choisissiez de vous retourner et de changer votre mode de vie, votre alimentation, votre rythme, votre cadre de vie… Actuellement, la vie pour laquelle on est formé depuis notre plus jeune âge, c’est une vie dans laquelle on nous conditionne à accepter de vivre dans 25 m², à avoir un travail épuisant, à rester assis à la lumière électrique, à travailler 8 heures par jour. Ce projet qui nous est vendu est dans une logique de plus d’argent, plus de PIB ;… mais pas plus d’humain.
On est dans une logique d’épuisement des ressources de la terre et des ressources humaines… « Directeur des ressources humaines », c’est pervers.

L’idéologie actuelle ne se cache même pas : on gère de la ressource humaine. Or nos besoins vitaux ne sont pas entendus, c’est même un miracle que l’on soit en si bonne santé vu les conditions dans lesquelles on vit. En même temps les gens sont dopés, sexe, drogue, alcool, internet à outrance, divertissements stupides, émissions télé racoleuses, il y a un tel néant dans notre vie que l’on s’abrutit
avec quelque chose qui nous donne un peu de frisson. C’est en regard du vide de nos vies.

Et on manque d’espoir pour cette époque. Je ne suis pas du tout politisé, mais je pense qu’il y a eu un dernier sursaut d’humanité avec la pensée communiste, la pensée pure, qui parlait de la coopération entre les individus, je ne parle pas bien sûr des dérives du communisme.

Tu as été à l’initiative des rencontres de la régénération. J’ai regardé le film qui retrace tout cela. Quels enseignements en as-tu tiré ?
Ce fût énormément de travail !

Je tire un coup de chapeau à Johanne qui s’en est chargée. Ce fut un travail incroyable pour que, pendant trois jours 3000 personnes vivent ensemble, sans la moindre difficulté, ça a été paisible, avec de nombreux ateliers, des soirées musicales, et ce fût un moment hors du temps. Les gens ont été heureux de se rencontrer, avec la possibilité de parler de soi, de ce que l’on vit, un espace préservé.

Tu vis un chemin d’unité.

On est un Tout : corps, âme, esprit. On peut être très spirituel et laisser tomber son corps, c’est dommage.
On peut être un spécialiste de la santé du corps et laisser tomber la spiritualité, c’est dommage. On peut vivre dans ce monde en étant très spirituel avec un corps qui fonctionne très bien : c’est le top.

Il vaut mieux aimer son corps.

J’ai connu la souffrance physique extrême et je n’étais pas plus spirituel parce que je souffrais. Pour moi la maladie n’est pas une bénédiction, pourtant parfois elle peut permettre de changer, de se retourner. Mais la maladie c’est d’abord une souffrance qui peut parfois nous permettre de changer.

Pour le futur as-tu un souhait, une vision ?

Honnêtement je n’en n’ai aucune, j’ai appris à me rendre compte que tous les projets que je concevais intellectuellement étaient un fiasco.
J’ai la foi, je pratique la prière et c’est là que je puise mon inspiration. Mon futur c’est ce qui naîtra au fur et à mesure. Je suis comme un spectateur de cinéma qui est assis dans la salle et qui a longtemps cru que c’était à lui de tourner le film, pourtant il ne produisait que des navets.
Un jour j’ai décidé de laisser la caméra au super réalisateur qui est dans mon dos qui n’attendait que ça.
Je me suis assis avec humilité et j’ai regardé. Et bien pour l’instant le film est pas mal.
J’ai 43 ans, je suis marié, bientôt papa, je m’occupe de plusieurs enfants, je fais une activité qui me plait, j’ai envie de me laisser guider par la vie, je n’ai aucune vision.

Si je dois arrêter du jour au lendemain, car cela n’a plus de sens, je n’ai aucun problème. S’il m’est demandé d’arrêter, j’arrêterai car j’ai confiance et il y aura autre chose qui m’attend. Car je sais que c’est la parole de dieu en moi. J’ai donné les clés de ma vie et
ma vie est fabuleuse par rapport à ce que je vivais avant. Donc je n’ai aucune raison de rependre les clés.
Zéro plan. Aucun plan.

Tu as préfacé un ouvrage écrit par Eric Darche « Hygiénisme et alimentation vivante ». Est-ce que tu peux en dire quelques mots ?

Je connais Eric qui voulait qu’on écrive ce livre à deux pour me permettre de passer à la phase d’écriture, mais ce n’était pas le moment pour moi. Ça ne collait pas au niveau de nos rythmes donc il a écrit ce livre seul, il avait déjà tout. Et sa démarche je l’ai soutenue
car c’est la première fois que quelqu’un va faire une réflexion non dogmatique sur l’alimentation, il n’a aucune école à vendre, ni le végétarisme, ni le macrobiotisme, il est là pour dire : voila comment fonctionne le corps, voilà différentes approches, voilà ce que ça fait sur le corps et maintenant débrouillez-vous. Prenez vos responsabilités. Eric peut arriver à écrire sans être pris par son émotionnel, il est allé étudier des approches alimentaires avec lesquelles il n’était pas en accord et il est allé décortiquer.

Donc ce manuel donne des clés, des principes indiscutables et chacun va pouvoir se responsabiliser. Après, les opinions, les recettes,
la façon de les utiliser cela concerne chacun individuellement.
Avec son livre on ne va pas sur une opinion, on va sur les grands principes.
Ce n’est pas une préface de convenance mais une préface de coeur que j’ai écrite, je me reconnais totalement dans ce livre.

+ d’infos : www.regenere.org

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