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Le cerveau mystique

Le Cerveau Mystique, est un documentaire (0h52) qui s’intéresse aux recherches scientifiques concernant l’activité neurologique du cerveau face aux phénomènes psychiques, de méditation, d’influence sur le corps…

Les états de grâce rapportés par les religieux ou les adeptes de la méditation sont pour le moins intrigants. Ceux qui les vivent semblent en effet avoir accès à une réalité qui échappe au commun des mortels. Or l’avènement de techniques d’enregistrement non invasives de l’activité cérébrale a ouvert la voie à une investigation scientifique à grande échelle de ces  » expériences mystiques « . Et comme on va le constater, tant les athées que les croyants sont intéressés par les résultats…

Il convient tout d’abord de définir ce qu’on entend par  » expérience mystique  » et par  » méditation « .

L’expérience mystique

cerveau mystique

L’expérience mystique a souvent une connotation religieuse mais peut aussi référer à des sentiments  » d’union avec le cosmos  » expérimentés par des athées. Elle est souvent décrite comme une  » communion  » (avec Dieu dans le cas des croyants ou avec l’univers dans le cas des athées) accompagnée d’une élévation intellectuelle et morale, ainsi que d’une impression de bien-être dans le moment présent, voire d’immortalité.

On dit aussi de l’expérience mystique qu’elle est :
– ineffable (elle défie toute description avec des mots);
– un état d’illumination (elle donne l’impression de voir plus clairement les choses et confère par la suite un sentiment d’autorité)
– transitoire (elle ne dure rarement plus qu’une demi-heure ou une heure)
– spontanée (même si l’on peut, par la pratique, augmenter les probabilités de son déclenchement, elle ne peut pas être vécue sur demande)

La méditation

De son côté, la méditation est un rituel par lequel on parvient à modifier son état de conscience en manipulant volontairement son attention de façon soutenue.

La méditation peut aussi être vue comme une démarche transformatrice à long terme où l’accumulation des années de pratique permet d’accéder de plus en plus aisément à des états de conscience de plus en plus modifiés.

Certains sceptiques ont avancé que la méditation ne pourrait en fait n’être rien de plus que de la somnolence. D’autres leur ont rétorqué que le profil de l’électroencéphalogrammes (EEG) du sommeil est différent de celui des personnes en méditation, même si de nombreux indices montrent que plusieurs personnes peuvent s’assoupir quelques instants lors d’une séance de méditation (jusqu’au tiers du temps de méditation, selon une étude). Connaissant les effets bénéfiques d’une sieste sur l’humeur, cela pourrait expliquer une partie du bien-être ressenti après une séance de méditation. Une interprétation possible de cette cohabitation est que les personnes qui méditent apprennent à se maintenir dans cette étroite fenêtre de transition entre l’éveil et le sommeil, et que des glissements vers le sommeil sont inévitables lors de cet apprentissage.

Quel est donc ce profil particulier de l’EEG durant la méditation ? Dans les années 1950, dès que l’on a pu déplacer les appareils d’enregistrement électroencéphalographiques dans les monastères, on a commencé à enregistrer l’activité cérébrale de personnes pratiquant la méditation depuis de nombreuses années. On a tout de suite observé la singulière abondance des rythmes alpha, ces oscillations de 8 à 12 Hertz associées à l’état relaxe d’éveil. De plus, ce rythme n’était pas perturbé par de la lumière ou du bruit comme il l’est chez les personnes qui ne pratiquent pas la méditation.

Dans une autre étude datant du milieu des années 1960, une cinquantaine de prêtres japonais et leurs disciples avec entre 1 et 20 ans de pratique de la méditation ont accepté que l’on enregistre leur activité cérébrale pendant qu’ils méditaient. Après l’apparition des rythmes alpha, on a pu observer un ralentissement de la fréquence des oscillations et une augmentation de leur amplitude jusqu’à obtenir des ondes thêta de 6-7 Hertz. De plus, cette étude démontrait que plus l’expérience de méditation était grande et la technique raffinée, plus l’importance des rythmes thêta dans les oscillations étaient importante.

Des expériences mystiques provoquées par la stimulation du cerveau

Dans les années 1980, Michael Persinger a commencé à stimuler avec de faibles champs électromagnétiques différentes parties du cerveau grâce à la stimulation magnétique transcrânienne (SMT) (voir capsule outil ci-bas). En stimulant le lobe temporal de centaines de sujets avec cette technique, il parvint à induire chez une majorité d’entre eux (près de 80% selon Persinger) le sentiment d’une présence ou d’une vérité universelle associée à un grand bien-être. En clair, la stimulation du lobe temporal provoquait des expériences mystiques.

En 2005, le psychologue suédois Pehr Granqvist a publié une critique des travaux de Persinger dans laquelle il affirme ne pas avoir été en mesure de reproduire ses résultats en utilisant une procédure de double aveuble (où l’expérimentateur en contact avec le sujet n’a aucune idée des résultats anticipés de l’expérience). Granqvist accusait en effet les protocoles de Persinger de pouvoir transmettre aux sujets des indices du type d’expérience subjective susceptible d’être vécu durant le protocole expérimental. Persinger a défendu ses résultats en arguant que plusieurs de ses protocoles étaient explicitement à double aveugle et que Granqvist n’avait pas répliqué avec exactitude certains paramètres de ses expériences, notamment en utilisant un temps d’exposition aux champs magnétiques trop faible.

Néanmoins, ce que les expériences de Persinger ont mis en évidence, c’est la propension des sujets à traduire les expériences subjectives rapportées dans un langage qui est propre à leur culture ou à leur religion, parlant tantôt de Dieu, tantôt de Bouddha, tantôt d’une  » présence  » ou d’une harmonie avec l’univers. Et comme le soulignait Persinger, ses sujets savaient pourtant qu’ils étaient dans un laboratoire de recherche quand ils expérimentaient ce sentiment d’harmonie ou d’unité. Imaginez ce qui peut ressentir quelqu’un dont le lobe temporal s’emballe ainsi tard dans la nuit, dans une église, une synagogue ou une mosquée, suggère Persinger. Pour lui, il est même fort probable que les figures les plus exaltées des grandes religions (Mahomet, Bouddha, Moïse, Paul sur le chemin de Damas, etc.) aient pu souffrir d’une forme d’épilepsie au lobe temporal.

Épilepsie et expérience mystique

C’est en 1975 que le neurologue Norman Geschwind a décrit pour la première fois cette forme rare d’épilepsie dont le foyer est situé dans le lobe temporal. Fait immédiatement remarquable, ces personnes épileptiques disaient être fréquemment l’objet d’expériences religieuses intenses ou encore d’avoir l’impression plus diffuse de faire un avec le cosmos. D’où l’hypothèse qu’une activité électrique intense dans le lobe temporal pourrait être à l’origine de ces expériences mystiques.

En 1998, le neurologue Vilayanur S. Ramachandran a demandé à plusieurs de ses patients souffrant d’épilepsie au lobe temporal d’écouter la lecture d’un mélange de mots religieux, sexuels et neutres pendant qu’il enregistrait la conductance électrique de leur peau liée à leur réponse émotive. Or chez ces patients, des mots religieux comme  » Dieu  » provoquaient des réponses émotionnelles inhabituellement fortes, indiquant que ces sujets pouvaient effectivement avoir une plus grande prédisposition au sentiment religieux.

Ramachandran suggère que le système limbique, situé juste sous les lobes temporaux et responsable en grande partie de nos réponses émotives, pourrait voir ses connexions avec les lobes temporaux renforcés par les crises d’épilepsie qui seraient alors en mesure de déclencher les émotions reliées aux expériences mystiques.

Ramachandran insiste cependant pour dire que cela ne signifie absolument pas qu’il y aurait une  » aire spécifique à Dieu  » dans le lobe temporal. Cela pourrait cependant vouloir dire, selon le neurologue, qu’il est possible que l’hyperactivité de certaines parties du lobe temporal, en renforçant par exemple la signification personnelle de telle ou telle expérience religieuse, puisse nous convaincre que cette expérience a changé notre vie, même s’il est encore difficile de le prouver clairement.

Une chose est sûre cependant, comme pour la plupart de nos comportements, il est beaucoup plus probable que ce soit l’activité coordonnée d’un grand nombre de régions cérébrales qui soit à l’origine de ces expériences mystiques, et pas seulement de l’hyperactivité d’un lobe cérébral en particulier. Et de fait, c’est ce que les expériences subséquentes tendent à montrer.

Le cerveau  « en état de grâce » sous la loupe des scanners

Au lieu de chercher à induire artificiellement une extase religieuse, Eugene d’Aquili, puis son collègue Andrew Newberg, ont utilisé l’imagerie cérébrale (en particulier le SPECT, une technique proche du TEP, voir capsule outil ci-bas), pour identifier les régions cérébrales impliquées durant différentes pratiques religieuses traditionnelles.

Dans une étude publiée en 2001, ce sont des moines tibétains pratiquant la méditation bouddhiste, un rituel destiné à atteindre certains états spirituels dont  » une unité avec l’univers « , qui ont accepté de méditer dans les scanners de d’Aquili et Newberg. Au moment d’atteindre le pic de leur transe méditative, l’étude rapporte que le cerveau des sujet montrait une augmentation d’activité dans le lobe préfrontal droit ainsi qu’une diminution d’activité dans une région du lobe pariétal.

Pour Newberg et d’Aquili, ce pattern d’activité est cohérent avec le caractère subjectif particulier de ce type de méditation. En effet, le lobe frontal est impliqué, entre autres choses, dans la planification et l’attention. L’augmentation de son activité pourrait donc refléter, d’une part, l’aspect volontaire de la démarche et, d’autre part, la nécessité, dans la méditation bouddhiste, de se concentrer intensément sur une pensée ou un objet.

Quant au lobe pariétal, l’une de ses fonctions importantes est de permettre à l’individu de s’orienter dans l’espace, d’évaluer les distances et les positions relatives, bref de nous permettre de nous situer et d’évoluer dans l’espace. Son silence anormal lors de la méditation serait donc en accord avec le sentiment de dissolution du  » moi  » et d’unité avec le reste de l’univers rapporté par les sujets. Enfin, l’augmentation d’activité observée dans le système limbique, fortement lié aux émotions, contribuerait au sentiment de bien-être associé à ce sentiment d’unité cosmique.

Une équipe de chercheurs du département de psychologie de l’Université de Montréal utilise des techniques de pointe pour étudier l’activité neurologique de carmélites durant leurs périodes de prière.

En cherchant à démontrer que l’expérience mystique peut être mesurée en termes d’activité cérébrale, ces recherches remettent en cause l’idée selon laquelle il n’y aurait pas de lien entre l’esprit et le corps, et démentent la croyance en l’immatérialité de l’union mystique. Une démarche inimaginable jusqu’ici, qui conjugue science et spiritualité.

Dans Le cerveau mystique, la documentariste Isabelle Raynauld fournit l’occasion d’accéder au coeur du chapitre le plus récent de la recherche scientifique portant sur ce phénomène. Des carmélites et des moines bouddhistes ont accepté de se prêter à l’expérience. « Je suis convaincu que la nature bouddhique se trouve quelque part dans le cerveau », déclare le Dalaï-lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains.

L’extase mystique serait une expérience profondément transformatrice. Elle pourrait contribuer au mieux-être psychique et physique des êtres humains et permettre de soigner la dépression ou d’accélérer la guérison des patients qui allient la méditation aux traitements médicaux classiques.

Le Docteur Mario Beauregard, pense que la question de la spiritualité peut être explorée dans un cadre résolument scientifique. Ses recherches de pointe en neurosciences, notamment avec des sœurs Carmélites, démontrent que les tentatives de réduction de l’expérience mystique ou spirituelle à une simple « fabrication » du cerveau sont vouées à l’échec. A l’inverse, on observe que « l’esprit » est à même d’agir sur la matière.

sources 

http://www.inexplique-endebat.com/article-recherches-sur-le-cerveau-mystique-65176196.html

http://lecerveau.mcgill.ca/flash/capsules/outil_bleu27.html

Vu sur http://www.neotrouve.com

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