Scandales

La prostitution des mineurs, dans les écoles aussi

par Virginie Pironon

C’est une campagne choc que lance l’association Agir contre la prostitution des enfants. En France, 5.000 à 8.000 mineurs sont prostitués. Parfois même en milieu scolaire.

Pour cette campagne, l’ACPE a délibérément décidé de provoquer. Une des vidéos bientôt diffusées à la télé et sur Internet, montre par exemple les toilettes d’un établissement scolaire. Par terre, un cartable. Derrière une porte, on devine la silhouette d’une jeune fille, accroupie, en train de faire une fellation.

Le lundi 20 octobre 2014

L’une des trois vidéos que vous verrez à la télévision

Ces images sont choquantes mais bien réelles, dès le collège. Car parler de prostitution des mineurs aujourd’hui, ce n’est plus seulement sous la forme de réseaux tels qu’on les connaissait avant. Marie Derain, ancienne Défenseur des Enfants, soutient la campagne. « L’enjeu c’est d’éviter que des enfants s’organisent spontanément pour se prostituer eux-mêmes ou bien d’entrer dans le système des ‘boys lovers’ avec des questions qui vont prostituer leurs petites amies au motif justement que c’est une preuve d’amour si elles sont capables d’aller coucher ou faire une fellation à un autre garçon ».

« Il faut juste reconnaître que ceci est un risque dans notre société »

Les « boys lovers », ce sont des sortes de proxénètes adolescents donc. Un phénomène très difficile à accepter. Tellement difficile d’ailleurs que la question reste pour l’instant taboue. Et notamment « parce que les adultes sont mal renseignés et donc ne savent pas comment l’aborder« . L’une des solutions contre ce phénomène, c’est donc d’en parler. Et c’est bien l’objectif de la campagne lancée par l’association Agir contre la prostitution des enfants. Sa présidente, Armelle Le Bigot-Macaux, reste mesurée : « Il faut juste reconnaître que ceci est un risque dans notre société. C’est tout. Moi je n’agite pas de drapeau rouge. Je préviens qu’il faut être vigilant et attentif ».

Un nouveau terme : le MIOL

L’écrivain Claire Bérest a passé trois mois à la brigade de protection des mineurs de Paris pour son livre Enfants perdus, enquête à la BPM aux éditions Plein Jour. Et la première affaire à laquelle elle a été confrontée concernait « des enfants de douze ans, qui faisaient un jeu « action et vérité » et dont les enjeux étaient des sodomies et des fellations. Ça a été filmé et c’est comme ça que c’est arrivé à la brigade des mineurs ».

La brigade des mineurs, qui, devant cette perte de repères chez les adolescents, a ajouté un nouveau mot à son jargon : le MIOL. Un « viol difficile à caractériser entre des enfants jeunes qui n,’ont pas conscience de leurs actes ».

L’association ACPE met à la disposition des enseignants un kit avec un langage spécifique. A découvrir ici.

L’une des affiches de cette campagne contre la prostitution des enfants © ACPE

 
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