PARANORMAL

Dialoguer avec les Morts…

Témoignage de Stéphane

En préambule je dois dire que je ne suis pas superstitieux mais ma mère l’est. Ma mère est également une personne très négative mais qui le cache bien. C’est important pour ce qui va suivre. Quand j’étais enfant, le volet de ma chambre était un volet en bois avec des lattes. Parfois la nuit il craquait sans raison et j’étais terrifié. Ce n’était pas le vent, il craquait comme si on appuyait dessus. Pour me rassurer ma mère me disait que c’était la maison qui séchait après la pluie, or cela n’intervenait pas spécialement en été où le bois aurait pu être assez sec après coup pour craquer. Mais plus tard ma mère m’a raconté qu’une fois, en repassant elle avait senti une présence derrière elle et, se retournant avait vu la poignée monter et descendre. Croyant que c’était moi, elle s’était précipitée dans ma chambre mais je dormais. Selon elle, un homme s’était pendu dans cette maison.

Je raconte ça pour commencer parce que je me suis toujours demandé si j’étais trop sensible, ou si ce contact involontaire avec un fantôme supposé m’avait amené à ce qui va suivre. Où est-ce que je délirais ? Je ne le sais pas moi-même et si j’en parle c’est pour que des gens plus aguerris que moi jugent. Et j’en parle ici seulement parce que je n’aime pas du tout en parler en public. Les gens sont trop curieux. Et surtout moi ça me met systématiquement dans un état flottant psychiquement tout à fait désagréable et qui plus est préjudiciable à mon équilibre mental. Car, voyez-vous, je suis bipolaire de type 1. En terme trivial mes crises d’hypomanie ou maniaque si vous voulez, s’aggravent en bouffées délirantes qui si, elles s’apparentent à un trip d’acide sans les agréments, n’ont rien de paranormal pour mon état de délabrement à ce moment-là. J’ai fait sept hospitalisations, je sais de quoi je parle. Mais aujourd’hui je me soigne. Bref en gros mon cerveau est anormalement sensible en termes d’émotions. J’ai eu deux expériences significatives, l’une négative et désagréable et une autre positive et parfaitement marrante.

Commençons par la bonne. Il y a quelques années de ça je m’étais rendu sur la tombe de Pierre Desproges et j’y avais trouvé une lettre de sa cadette qui lui racontait sur un ton drôle qu’elle était venue avec une copine lui rendre visite. Quelques années plus tard, à une époque où j’étais déjà malade et très seul, je m’étais directement adressé à lui, comme je l’avais déjà fait dans le passé. Mais je n’avais pas fait attention à la réponse… ou peut-être croyais-je me parler à moi-même, je ne sais pas. Et puis un jour, peut-être que cette fois-là j’étais si seul que j’ai enfin écouté la réponse, et elle concernait un livre de lui, un collector que j’avais vu et que je comptais acheter. « Ce n’est pas la peine, y’a un con qui l’a acheté, » m’a répondu la voix dans ma tête avec cette franchise que je lui imagine volontiers. Mais bon c’était peut-être juste une pensée en forme de prémonition parce que le livre qui était rangé dans un recoin de la librairie avait en effet disparu.

Plus tard, toujours à la même époque, je lui ai fait part de cette histoire de lettre sur sa tombe et de mon envie de rencontrer cette fille si drôle. Réponse : « Tu la rencontreras, je te promets… mais je te préviens c’est une conne. » Décidément… Je l’ai en effet rencontrée trois ou quatre ans plus tard, elle sortait avec un de mes amis de l’époque. Un type que j’avais retrouvé par hasard sur Facebook, et que je n’avais pas revu depuis 20 ans. Quant à elle, sans être une « conne, » c’était une fille un peu perdue, pas très passionnante, et à ce que j’ai pu juger, sans une once d’humour.

La mauvaise maintenant. Elle se situe à la même époque à peu près. Je précise qu’alors je vivais seul avec ma mère. Une personne très négative donc mais d’apparence aimable. J’avais la quarantaine, sorti d’hôpital, après trois ans de rue, isolé en grande banlieue parisienne, à la campagne. A l’époque je venais de terminer le livre de Stéphane Bourgoing sur les tueurs en série. Ce n’est pas un sujet qui me passionne particulièrement d’autant que je suis sensible à la violence, qu’elle me révulse et que je ne trouve pas les psychopathes fascinants. Mais Bourgoing est quelqu’un de sérieux, qui a été intimement confronté au sujet, il a exorcisé la question par une approche de chercheur. Il donne d’ailleurs des conférences auprès de la gendarmerie. 350 pages à vivre avec des malades violents, leurs fantasmes, leurs actes, et également leurs propos délirants, pervers, ou clinique. Parmi eux Ottis Toole. Tueur homosexuel, cannibale, et pyromane qui fut un temps partenaire d’Henry Lee Lucas. Je pensais précisément à lui une nuit alors que je marchais sur la route, me disant que ce type avait eu une enfance abominable, qu’il était faible d’esprit de qui plus est, et qu’il n’avait pas eu de chance même si c’était un monstre.

C’est à ce moment-là que j’ai senti sa présence, autant dans ma tête que sur moi. Quand je dis sur moi, je veux dire pas réellement physiquement mais comme une présence collante au sens propre et figuré, qui ne voulait pas me lâcher, voulait devenir mon ami essayait toute sorte de trucs maladroits avec moi pour me séduire, comme de me dire qu’il allait me trouver une copine, de l’argent etc. Une présence molle, sans énergie et commet dire… un peu mièvre. Si vous le regardez lors de ces interviews, il est très efféminé, souriant, glissant et dès qu’il parle d’incendie il s’anime. Comment est-il parti ? Permettez que j’ouvre une brève parenthèse.

Quand vous faites une crise maniaque que vous commencez à rentrer en délire, vote cerveau, vos pensées, vont à toute vitesse. A ce moment précis vous commencez à percevoir certaine chose, vous êtes extra sensible par intermittence. Vous pouvez suivre une conversation tout en lisant un livre et en regardant un film. Et naturellement, vous finissez par vous prendre pour superman. L’ennui-là dedans c’est que non seulement vous notez chaque détail autour de vous mais également chaque pensée. Et vous cherchez à les relier à les comprendre, à tout comprendre. Et bien entendu, c’est impossible. Toujours est-il que parmi la collection de choses qui vous traversent l’esprit il y avait pour moi le fait de parler avec les morts. Beaucoup de gens sont morts autour de moi, des suicides surtout, c’est peut-être cela qui me dispose à ça. Aujourd’hui je doute, mais dans le passé je ne doutais pas. Rien de tout cela n’existait, point. Alors, se mettre à parler avec des morts ou même les voir ou les sentir quand on n’y croit pas au départ, même en délirant, c’est difficile. J’ai dû faire mon auto-éducation en quelque sorte, et pour cela, mon choix a été de faire comme les enfants : « on va dire que c’est vrai. » C’est comme ça que j’ai appris sur eux, et comme ça que j’ai chassé Ottis Toole de ma tête et de ma vie.

Voilà ma théorie vous me direz si vous la validez. Il existe deux types de morts. Ceux qui le savent et ceux qui l’ignorent ou le refusent. Ceux qui le savent vont vous parler dans votre esprit pour l’essentiel, et la communication sera bonne s’il existe un lien affectif, ou plus généralement émotionnel, entre vous et lui et mauvaise dans le cas contraire. La peur, la colère, peuvent invoquer les morts, et en général c’est mauvaise pioche. Parmi ceux qui ont quitté notre dimension, vivent sur un autre plan de réalité que nous ceux qui ont accepté leur mort ou qu’ils soient, ils sont dispersés et si vous vous montrez trop curieux, trop orgueilleux vous pouvez tomber sur des esprits vraiment très mauvais qui vont jouer avec vos nerfs vous induire en erreur et probablement vous faire voir des choses que vous n’avez ni envie de voir, ni envie de savoir. Et si je dis probablement c’est parce que je ne veux pas, plus savoir si ce que j’avais parfois dans la tête certaine fois au cœur de mes délires, était de l’ordre du fantasme, de ma peur ou d’authentiques visions. Croyez-moi, cet enfer-là, vous n’avez pas envie de fréquenter. L’ombre est monstrueuse. Ces esprits-là peuvent descendre vers vous, vous sentez une présence physique. Moi j’ai baladé sur mon épaule une petite fille que j’ai connue et aimée comme ma fille, morte du Sida. Vous pouvez aussi les voir ou sentir leur odeur. Il y avait une odeur qui s’associait aux ondes négatives, comme une odeur de rouille et soufre très forte, quelque chose qui puait.

Et puis il y a les esprits qui sont encore ici dans notre dimension, le plus souvent ils l’ignorent mais d’autres le refusent. Ils veulent interagir avec le monde du vivant, être acteur. Ceux que j’ai rencontré n’avaient aucun de ces pouvoirs mais le croyaient et essayaient de me le faire croire. Au début ça marchait énorme mais peu à peu j’ai compris. Ils peuvent se montrer très négatif, et je pense sincèrement que plus vous êtes-vous même plein d’énergie négative de peur, de colère, plus vous vous intoxiquez, avez une mauvaise hygiène de vie, plus vous les nourrissez d’énergie vitale, vous les rendez tangibles. Exactement comme avec la peur, plus vous avez peur de quelque chose, plus vous rapprochez ce quelque chose de vous. Mais si vous les apprivoisez, les acceptez pour ce qu’ils se présentent en faisant le tri dans ce qu’ils disent, vous pouvez rapidement les convaincre, les amener à la lumière. Il faut être pédagogue, pas les braquer, parce que des pouvoirs ils en ont. Leur montrer le chemin vers là où ils seront mieux, à leur place. C’est ce que j’ai fait avec Toole. Si vous validez cette théorie pour vous même et que vous voulez essayer, n’oubliez jamais que vous êtes maitre chez vous, c’est votre paysage mental, vos idées. Apprenez à en reconnaitre les frontières, les formes, et vous pourrez retourner sur vos pas si un esprit essaie de vous tromper.

Stéphane.

Source : http://www.mindshadow.fr/

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